
Dans la symphonie des formes et des lignes, l’architecture émerge, donnant vie à des édifices, des joyaux de notre existence. A travers elle s’entrelace des couleurs, dans une danse légère, créant des environnements, des mondes éphémères. Dans cette fusion d’esthétisme et de savoir nait la ville, lieu où se croisent les âmes, où dansent des énergies, où vibre et respire la cité. La ville devient donc un temple sacré, où les cœurs s’ouvrent au milieu de l’agitation urbaine, élevant ainsi une spiritualité, reflet de nos âmes. C’est à travers cette petite mélodie que se définissent les termes clés qui environnent le travail de l’artiste Jean Michel DISSAKE DISSAKE
Architecture, Ville et Spiritualité est la résultante d’une influence profonde subit par l’artiste depuis son bas âge, aux côtés d’un papa architecte qui n’a cessé de l’inspirer sur la forme, le volume et les matériaux de ce concept lié à l’art de bâtir ; et d’un grand père chef traditionnel, qui de son coté, a défini de façon quotidienne la vie de l’âme, invisible et profonde, qui anime les espaces entre les différentes constructions architecturales. Ainsi, entre l’Architecture et la Spiritualité, la Ville que représente l’artiste est le résultat d’une grande influence non seulement paternelle, mais aussi environnementale.
En effet, la planification urbaine, qui évalue la demande au-dessus des ressources à cause de la surpopulation, nous emmène à s’interroger sur les défis urbains auxquels les pouvoirs publics aujourd’hui décentralisés, sont appelés à contrôler. Problèmes d’eau, d’électricité ; des routes qui demandent à être reconstruites afin de limiter les accidents et les embouteillages récurrents ; des espaces de construction, ponts et bâtiments qui demandent des études au préalable au risque de subir des effondrements ; les villes qui demandent à être aménagées pour la gestion des déchets ; comment définir l’assainissement des villes camerounaises ? C’est une question qui bat de plus en plus de l’aile et dont les pouvoirs publics peinent à résoudre. Mais ne dit-on pas que le changement devrait commencer par la prise de conscience individuelle ?
C’est à travers la technique du Mudiki ou Pictosculpture (baptisée ainsi par le linguiste et homme de culture Valère Épée), ou encore Art du croisement, acquise après son initiation aux rites et symboles de la culture Sawa, que l’artiste, aux moyens de croisement de plusieurs disciplines (peinture, sculpture, théâtre, etc.) et de récupération de certains matériaux (matériels et immatériels), donne vie à des œuvres qui matérialisent des univers de penser. Le Mudiki est donc une harmonie entre formes, matériaux, couleurs et son. Pour lui, ces matériaux lui donnent la couleur exacte de l’homme dans la société dans laquelle il se trouve.
Dans ces univers qu’il explore, l’artiste établi le lien entre la nature et la technologie, l’homme et la technologie ; il soulève également le problème de crise écologique ; Avec une ligne directrice régie par la présence de quelques matériaux phares dont la symbolique est particulière : le bois d’ébène, héritage précieux de la foret représente le monde naturel, celui qui nous entoure, celui qui nous procure les substances naturelles nécessaires pour notre survie ; l’écran d’ordinateur représente le monde virtuel, ce monde dans lequel l’Homme est plongé aujourd’hui et qui a tendance à le dénaturer à travers sa technologie très avancée ; les plaques d’immatriculation, portant des chiffres et des lettres, codes qui régulent la vie de tout être humain. Si pour lui, rien ne nait du fruit d’un hasard car le hasard n’existe pas, alors l’on se questionnera sur l’essence même de l’existence humaine. À travers ses coutures d’aluminium, l’artiste appelle à une connexion, une circulation d’énergies dans le but d’établir l’équilibre, l’amour et l’harmonie entre les deux mondes ci-dessus évoqués. En effet la technologie actuelle avec l’avènement de l’Intelligence Artificielle, a placé l’Homme au-dessus de toute création. Seulement, peut-il créer l’âme ?
Architecture, ville et spiritualité est donc un dialogue entre architectes et artistes dans le but de trouver un certain équilibre, une harmonie, la paix et l’amour dont l’humanité a besoin pour vivre. C’est une grande Alarme pour (Re) Penser nos villes, revoir nos comportements, et les adapter à ce siècle qui est nôtre.
